Revenus & TJM
Mis à jour le
Ce site s'appelle Freelance Index et ne publie aucun taux journalier. C'est délibéré, et voici pourquoi.
Le problème des baromètres
Les « baromètres TJM » français se citent les uns les autres. Nous avons remonté les sources : la plupart n'ont aucune donnée propre et reprennent deux ou trois origines communes.
Celles qui sont accessibles ne résistent pas à l'examen. Sur l'une d'elles, un même tableau affichait 4 000 € par jour pour les profils expérimentés et 63 € pour les débutants, et les contributions individuelles descendaient à 5 € la journée. Ce sont des saisies libres, sans contrôle de vraisemblance.
Publier une médiane issue de ces bases reviendrait à transformer du bruit en donnée.
Ce qu'on peut mesurer, en revanche
L'INSEE publie la Base Non-Salariés, construite à partir des fichiers administratifs de l'URSSAF. Ce ne sont pas des déclarations volontaires sur une plateforme : c'est ce qui a été effectivement déclaré, pour toute la population.
Pour le secteur information et communication, en 2023 :
- 4 070 € par mois en moyenne pour les indépendants hors micro-entreprise
- 1 160 € par mois en moyenne pour les micro-entrepreneurs
- 70,5 % des effectifs du secteur sont micro-entrepreneurs
Cette troisième ligne est celle qui manque partout ailleurs. Les baromètres décrivent le haut d'une distribution dont ils taisent la masse. Ils ne mentent pas sur leurs chiffres : ils omettent de dire qui ils décrivent.
La variable que personne ne regarde
Un TJM ne se multiplie pas par 220 jours.
Entre les congés — non payés —, la prospection, l'administratif, la formation, la maladie et les périodes sans mission, le nombre de jours réellement facturés est très inférieur. C'est la variable la plus déterminante de votre revenu annuel, et celle dont les grilles tarifaires ne parlent jamais, parce qu'elle rend leurs chiffres beaucoup moins flatteurs.
Un tarif de 600 € sur 120 jours rapporte moins qu'un tarif de 450 € sur 180 jours. Travailler sa régularité paie souvent mieux que travailler son tarif.
Comment fixer un tarif qui tient
Partez de l'arrivée, pas du départ.
- Fixez le revenu net dont vous avez besoin, mensuel, charges de vie comprises.
- Ajoutez ce que vous devez provisionner : congés, périodes creuses, formation, matériel, et une réserve de trésorerie.
- Remontez la chaîne fiscale — cotisations, contribution formation, impôt — pour obtenir le chiffre d'affaires nécessaire.
- Divisez par un nombre de jours réaliste, pas par 220.
Si vous comparez avec une offre salariée, le convertisseur TJM ↔ CDI fait la conversion dans les deux sens, à net égal — en partant du nombre de jours que vous facturez réellement, et non des 218 jours ouvrés que retiennent la plupart des comparateurs.
Le calculateur combien facturer fait les étapes 3 et 4 : vous donnez le net visé, il remonte au chiffre d'affaires et au nombre de jours. Le simulateur prend le problème dans l'autre sens, à partir d'un tarif et d'un volume déjà connus.
Se situer sans grille
En l'absence de baromètre fiable, trois repères valent mieux qu'un chiffre faux :
- Les revenus INSEE de votre secteur, publiés sur chaque page métier.
- Ce que vous refusez. Si vous n'avez jamais perdu une mission sur le prix, votre tarif est probablement trop bas.
- Ce que vous remplacez. Un client compare rarement deux freelances : il compare un freelance à un recrutement, à une agence, ou à ne rien faire.
Les revenus, métier par métier
Content
Design
Enterprise
30 métiers documentés. Chacun porte les revenus réellement constatés dans son secteur, et le calcul de ce qu'il en reste.
Ce que nous ferons
Nous publierons des fourchettes le jour où nous disposerons d'une source défendable — accès négocié à des données de plateforme, ou panel constitué à partir des utilisateurs du simulateur. Elles porteront alors leur source, leur date de relevé et la nature de leur biais.
En attendant, nous préférons une page qui dit ce qu'elle sait à une page qui affiche un nombre rassurant.