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Freelance Index

Consultant MOA / AMOA

Mis à jour le

Revenus constatés dans le secteur

Conseil de gestion, données 2023.

Hors micro-entreprise

4 330 €

par mois, en moyenne

En micro-entreprise

1 160 €

par mois, en moyenne

Part de micro-entrepreneurs

69,7 %

des effectifs du secteur

Source : INSEE, Base Non-Salariés, consultée le

C'est l'un des plus gros marchés de la prestation en France, et l'un des moins racontés. Les sites spécialisés, largement anglophones, ne le couvrent pratiquement pas — l'assistance à maîtrise d'ouvrage est une construction très française, née de l'organisation des grands projets publics et bancaires.

Pour un indépendant, cela signifie un marché large, structuré, et peu encombré de contenus.

Ce que le métier est réellement

Vous êtes du côté du client, face aux équipes techniques. Votre travail consiste à traduire un besoin métier en quelque chose qui peut être construit, et à vérifier que ce qui est construit répond au besoin.

Concrètement : recueil des besoins, rédaction de spécifications, animation des arbitrages, préparation et exécution de la recette, accompagnement du déploiement.

Ce n'est ni du développement, ni du pilotage de projet, ni du produit au sens des jeunes entreprises. C'est un métier de traduction, et sa valeur tient à la capacité à parler deux langues.

Où se situe la valeur

La connaissance sectorielle. Un consultant qui comprend un mécanisme de provisionnement d'assurance, une chaîne de règlement bancaire ou une réglementation sur les marchés publics ne se remplace pas facilement. Cette compétence met des années à s'acquérir et se paie en conséquence.

La capacité à faire décider. Les projets s'enlisent rarement sur la technique. Ils s'enlisent parce que personne ne tranche. Un consultant capable d'obtenir une décision d'une organisation qui l'évite vaut plus que dix spécifications parfaites.

La recette. Phase mal aimée, systématiquement sous-estimée, et pourtant celle où les projets se sauvent ou se perdent. Savoir la préparer et la conduire est une spécialisation payante.

Le marché, et ses codes

Il est dominé par les grands comptes — banque, assurance, énergie, secteur public, industrie — et largement intermédié par des cabinets de conseil.

Trois conséquences. Les missions sont longues, souvent douze à vingt-quatre mois, ce qui réduit l'intercontrat. Les processus d'achat sont formalisés : appels d'offres, grilles de sélection, référencements. Et l'intermédiaire prend une marge, souvent 20 à 30 %.

Travailler en direct est possible mais demande d'être référencé, ce qui prend du temps et suppose un premier contact interne.

Le risque de requalification, réel ici

Une mission longue, à temps plein, dans les locaux du client, avec un rôle intégré à l'organisation, ressemble à un emploi. C'est la configuration typique de l'assistance à maîtrise d'ouvrage, et c'est aussi celle qui expose le plus.

Le risque pèse d'abord sur le client, ce qui explique que certains grands comptes imposent des interruptions entre missions ou limitent la durée d'intervention.

Protections usuelles : plusieurs clients quand c'est possible, une relation formalisée par des livrables, et l'absence de lien de subordination caractérisé — pas d'horaires imposés, pas de position dans l'organigramme.

Ce qu'il faut cadrer par écrit

Le périmètre décisionnel. Vous conseillez, vous ne décidez pas. Si le contrat laisse penser le contraire, vous porterez la responsabilité d'arbitrages qui ne sont pas les vôtres.

Les livrables attendus. Spécifications, cahier de recette, comptes rendus d'arbitrage. Sans liste, la mission devient une présence indéfinie.

La disponibilité des interlocuteurs. Votre travail dépend entièrement de l'accès aux experts métier. Un client qui ne les rend pas disponibles vous met en échec — écrivez que le calendrier en dépend.

Comment on entre sur ce marché

La question de tous ceux qui viennent d'ailleurs, et la réponse est structurelle.

On n'entre pas dans l'assistance à maîtrise d'ouvrage par la technique, mais par le métier. Les meilleurs consultants du domaine ont souvent exercé la fonction qu'ils accompagnent : un ancien gestionnaire de sinistres devient excellent en assistance sur un projet d'assurance.

Pour un profil technique qui veut basculer, le chemin passe généralement par une mission mixte — développement puis spécifications — dans un secteur qu'on apprend. Comptez deux à trois ans avant d'être crédible seul face à une direction métier.

C'est long, et c'est aussi la barrière qui protège les tarifs de ceux qui l'ont franchie.

Frais faibles, plafond micro vite atteint

L'outillage coûte peu : le client fournit généralement le poste de travail et les accès. Quelques abonnements, de la formation, parfois des déplacements.

En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire de 34 % remplace toute déduction : avec des frais faibles, il vous est très favorable.

Attention toutefois au plafond de 83 600 € de recettes en 2026 pour une activité libérale. Sur une mission longue à tarif correct, il s'atteint dans l'année — et la question du statut se pose alors mécaniquement, pas par choix. Le comparateur de statuts montre ce que devient le calcul au-delà.

Le simulateur donne ce qui reste d'un chiffre d'affaires donné, ligne par ligne, avec les formules.