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Freelance Index

Développeur mobile (iOS / Android)

Mis à jour le

Revenus constatés dans le secteur

Information et communication, données 2023.

Hors micro-entreprise

4 070 €

par mois, en moyenne

En micro-entreprise

1 160 €

par mois, en moyenne

Part de micro-entrepreneurs

70,5 %

des effectifs du secteur

Source : INSEE, Base Non-Salariés, consultée le

C'est l'une des rares spécialités du développement où l'outil de travail coûte cher et se renouvelle vite. Un développeur web travaille avec une machine et un navigateur. Un développeur mobile a besoin d'un parc d'appareils réels, de comptes payants chez deux entreprises américaines, et d'un poste de travail que seule une marque vend.

Cette structure de coûts, souvent traitée comme un détail, a des conséquences fiscales directes.

Un métier avec des frais fixes incompressibles

Trois postes reviennent chez tous les indépendants du domaine.

Le matériel de test. Les émulateurs ne reproduisent ni les performances réelles, ni les capteurs, ni la diversité des tailles d'écran. Un parc minimal d'appareils, renouvelé progressivement, est une condition d'exercice — pas un confort.

Les comptes développeur. Publier sur les deux magasins d'applications suppose des adhésions payantes, dont l'une est annuelle. Elles ne sont pas optionnelles et ne se négocient pas.

Le poste de travail. Compiler pour iOS impose un matériel spécifique. Le choix n'existe pas, et le renouvellement suit le rythme des versions du système.

Aucun de ces frais n'est spectaculaire pris isolément. Leur addition annuelle, en revanche, atteint un niveau que l'abattement forfaitaire de la micro-entreprise couvre mal.

Pourquoi le régime micro convient mal ici

En micro-entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles. Le principe du régime est qu'un abattement forfaitaire les représente globalement — 34 % du chiffre d'affaires pour une activité libérale.

Ce forfait est généreux pour un métier sans frais, et pénalisant dès que les dépenses réelles sont importantes. Le développement mobile fait partie des seconds. Un indépendant qui renouvelle son matériel, entretient un parc de test et paie ses adhésions annuelles supporte des charges que le régime ignore totalement dans le calcul de ses cotisations et de son impôt.

Le point de bascule vers un statut permettant la déduction arrive donc plus tôt que pour la plupart des autres profils techniques. Il ne se déduit pas d'une règle générale : le comparateur de statuts le calcule à partir de vos montants, et le simulateur accepte vos frais réels pour montrer l'écart entre le net affiché et ce qui reste une fois les factures payées.

Deux marchés, deux façons de vendre

La mission en régie. Renfort d'une équipe produit existante, sur une application déjà publiée. Le cadre est celui de n'importe quelle prestation technique : le client apporte le produit, vous apportez la compétence.

L'application livrée de bout en bout. Conception, développement, publication, et souvent maintenance. C'est un tout autre exercice, parce que vous devenez responsable de choses qui ne sont pas du code : la conformité aux règles des magasins, les délais de validation, la gestion des comptes, les mises à jour rendues obligatoires par les nouvelles versions des systèmes.

La seconde configuration se vend mieux, mais expose davantage. Un refus de publication n'est pas un bug : c'est un blocage commercial dont le client vous tiendra pour responsable, alors que la décision ne vous appartient pas.

Ce qui doit figurer au contrat

Trois points, propres à ce métier, méritent d'être écrits noir sur blanc.

Qui détient les comptes. Publier sous votre propre compte développeur vous rend dépendant d'un client qui pourrait vouloir récupérer l'application, et vous expose à sa place en cas de litige. Publier sous le sien suppose des accès qu'il faut obtenir tôt.

Ce qui se passe en cas de refus du magasin. Délais, allers-retours, modifications demandées : prévoir qui les prend en charge évite une négociation au pire moment.

La maintenance obligatoire. Les systèmes évoluent chaque année, et une application non mise à jour finit par être retirée. Un forfait de développement qui ne dit rien de la suite crée une attente de gratuité.

Le guide trouver des clients traite plus largement des clauses contractuelles et du recouvrement.

Se situer sans grille tarifaire

Ce site ne publie pas de tarif journalier « du marché » : les sources disponibles sont trop dispersées pour qu'un chiffre unique soit honnête. Les revenus constatés par l'INSEE dans le secteur de l'information et de la communication, en haut de page, offrent un repère plus solide.

Ils se lisent avec précaution. La forte proportion de micro-entrepreneurs dans ce secteur tire la moyenne générale vers le bas, parce qu'elle mélange des activités à temps plein et des compléments de revenu. Pour un indépendant exerçant à titre principal, la moyenne hors micro est la comparaison pertinente.

Un raisonnement qui part du revenu souhaité est souvent plus utile qu'une comparaison : le calculateur combien facturer remonte du net visé au chiffre d'affaires nécessaire, frais compris.