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Statuts

Mis à jour le

Le choix du statut est la décision qui a le plus d'effet sur votre revenu net, et c'est celle qu'on prend le plus vite, souvent sur un conseil générique.

Ce guide ne vous dira pas quel statut choisir : cela dépend de vos chiffres. Il vous dit ce qui décide réellement, et vous renvoie au comparateur pour trancher sur vos montants.

Les trois questions qui décident

Tout le reste est secondaire.

1. Quels sont vos frais professionnels réels ? C'est le critère le plus déterminant, et le plus ignoré. En micro-entreprise, vos frais ne se déduisent pas : un abattement forfaitaire les remplace, qu'ils soient de 500 € ou de 20 000 €. Vous payez donc cotisations et impôt sur un revenu que vous n'avez pas encaissé. Dès que vos frais dépassent l'abattement, le régime réel reprend l'avantage — souvent bien avant le plafond.

2. De quelle protection sociale avez-vous besoin ? Un président de SASU est assimilé salarié : cotisations lourdes, mais retraite, prévoyance et couverture nettement meilleures. Un gérant majoritaire d'EURL relève du régime des indépendants : moins cher, moins couvert. Comparer les seuls nets revient à comparer un salaire brut à un salaire net.

3. Quel niveau d'activité visez-vous ? Le régime micro est plafonné : 83 600 € de recettes annuelles en 2026 pour une activité libérale ou de services, 203 100 € pour la vente. Au-delà, la question ne se pose plus.

Ce que chaque statut implique

Micro-entreprise

Le plus simple, et le plus adapté quand les frais sont faibles. Cotisations calculées en pourcentage du chiffre d'affaires — 25,6 % pour une activité libérale non réglementée au 1er janvier 2026 — sans comptabilité d'engagement ni bilan.

Ses limites sont structurelles : pas de déduction de frais, pas d'amortissement, pas de déficit reportable, et une protection sociale minimale.

Entreprise individuelle au réel

Même enveloppe juridique que la micro, mais avec une comptabilité réelle : les frais se déduisent, le matériel s'amortit. C'est souvent l'étape que l'on saute à tort, en passant directement de la micro à la société.

EURL

Société unipersonnelle. Le gérant majoritaire est travailleur non salarié. Elle permet de choisir entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés, et ouvre l'arbitrage entre rémunération et dividendes.

Un point technique décisif : la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital, des primes et du compte courant est soumise aux cotisations sociales des indépendants, et non aux seuls prélèvements sociaux.

SASU

Le président est assimilé salarié. C'est le statut le plus coûteux à rémunération égale, et le mieux couvert. La règle des 10 % sur les dividendes ne s'y applique pas, ce qui change l'arbitrage.

Portage salarial

Vous êtes salarié d'une société de portage qui facture pour vous. Vous conservez le statut de salarié — chômage compris — au prix de frais de gestion qui absorbent une part importante du chiffre d'affaires. Pertinent pour tester une activité ou sécuriser une transition, rarement optimal sur la durée.

L'impôt sur les sociétés, en deux lignes

Pour une EURL ou une SASU à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà. Le taux réduit suppose un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques — presque toujours vrai pour un freelance, mais à vérifier.

Les dividendes supportent ensuite le prélèvement forfaitaire unique, passé à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Beaucoup de sources affichent encore 30 %.

Ce que dit le calcul

Sur un cas courant — activité libérale, frais modérés — le régime micro n'est optimal que dans une fenêtre. En dessous, la déductibilité des frais en société l'emporte ; au-dessus, le plafond ferme la porte.

Autrement dit, le conseil « commence en micro » est vrai pour un profil aux frais faibles, et faux pour un vidéaste ou un consultant en déplacement permanent.

Le comparateur de statuts calcule votre point de bascule à partir de vos frais réels, plutôt que d'appliquer une règle générale.

Avant de changer

Un changement de statut n'est pas neutre : formalités, coûts de constitution, obligations comptables, et parfois perte de droits. Faites le calcul, puis faites-le valider par un expert-comptable — ce site produit des estimations, pas un conseil personnalisé.