Développeur PHP / Symfony
Mis à jour le
Revenus constatés dans le secteur
Information et communication, données 2023.
Hors micro-entreprise
4 070 €
par mois, en moyenne
En micro-entreprise
1 160 €
par mois, en moyenne
Part de micro-entrepreneurs
70,5 %
des effectifs du secteur
Source : INSEE, Base Non-Salariés, consultée le
Peu de technologies souffrent d'un tel écart entre leur réputation en ligne et leur poids réel dans l'économie française. PHP fait tourner une part considérable du web marchand du pays, et Symfony équipe une bonne partie des applications métier des ETI françaises. Pourtant, la conversation publique sur le langage est restée figée sur ses défauts d'il y a quinze ans.
Cet écart est une information commerciale, pas une contrariété.
Ce que le dédain ambiant produit concrètement
Un marché mal aimé attire moins de nouveaux entrants qu'un marché à la mode. Pendant que l'attention se déplace vers les écosystèmes les plus commentés, la base installée en PHP, elle, ne disparaît pas : elle vieillit, se complexifie, et devient progressivement plus coûteuse à faire évoluer.
Le résultat est un rapport de force inhabituel. La demande est portée par des applications déjà en production, dont l'arrêt n'est pas une option, tandis que l'offre de compétences se renouvelle plus lentement qu'ailleurs. Ce n'est pas un marché en croissance ; c'est un marché où la rareté relative se construit sans que personne ne la cherche.
La conséquence pratique : les missions PHP sont plus souvent des missions de continuité que de démarrage. On y arrive rarement devant une page blanche.
Symfony change la nature de la mission
Il faut distinguer deux marchés que le mot « PHP » recouvre sans le dire.
Le premier est celui des sites bâtis sur des CMS et des extensions, où la compétence attendue est large et peu spécialisée. Le second est celui de Symfony et des applications métier sur mesure : gestion, facturation, logistique, portails internes. Ce sont des projets structurés, avec des exigences de tests, d'architecture et de reprise de données.
Se présenter indistinctement sur les deux est l'erreur la plus fréquente. Elle place le freelance en concurrence avec des profils dont le travail n'a rien à voir, et le prive de la seule chose qui se valorise : la spécificité.
Si votre expérience est celle du second marché, le dire explicitement, dès la première ligne de votre profil, fait plus pour votre positionnement que n'importe quelle liste de technologies.
La reprise de code existant est une compétence, pas une corvée
La majorité des missions consiste à intervenir sur du code écrit par d'autres, souvent ancien, parfois sans tests, généralement sans son auteur d'origine.
C'est précisément ce que la plupart des développeurs cherchent à éviter — et c'est pour cette raison que savoir le faire se paie. Reprendre une application en production suppose des choses qui ne s'improvisent pas : lire vite un code qu'on n'a pas écrit, distinguer ce qui est laid de ce qui est risqué, poser des tests de caractérisation avant de toucher quoi que ce soit, et livrer par petites étapes réversibles.
Un freelance qui documente cette méthode — et qui la présente comme une méthode, pas comme une résignation — se distingue immédiatement d'un profil qui ne parle que de greenfield.
Le piège de la mission de longue durée
Le marché PHP est très largement un marché de régie longue. Une mission de plusieurs mois, renouvelée, chez un même client, avec un rythme régulier.
C'est confortable, et c'est le principal danger du métier. Trois risques s'accumulent silencieusement.
La dépendance économique. Un client qui représente la quasi-totalité du chiffre d'affaires n'est plus un client, c'est un employeur dont vous n'avez aucune des protections. La fin de mission ne se négocie pas comme un licenciement.
La requalification. Horaires imposés, outils fournis, lien de subordination de fait : l'accumulation de ces indices expose le client comme le freelance. Le sujet est traité dans le guide trouver des clients.
L'obsolescence. Rester deux ans sur une même base de code sans en sortir rend le retour au marché plus difficile qu'il n'y paraît.
Ce que gagnent réellement les indépendants du secteur
Faute de baromètre tarifaire fiable, ce site ne publie pas de tarif journalier « du marché ». Les revenus réellement constatés par l'INSEE dans le secteur de l'information et de la communication sont en revanche une base solide, et figurent en haut de cette page.
Deux chiffres méritent d'être lus ensemble. L'écart entre les indépendants classiques et les micro-entrepreneurs y est considérable, et la part de micro-entrepreneurs y est élevée. Autrement dit : la moyenne du secteur est tirée vers le bas par une population d'activités partielles ou débutantes, pas par les tarifs pratiqués en régie longue.
Comparer votre situation à la moyenne globale n'a donc pas grand sens. La comparaison utile est avec la moyenne des indépendants hors micro, qui correspond à une activité à temps plein.
Le statut, une fois le marché compris
Un développeur PHP en régie longue atteint souvent le plafond de la micro-entreprise plus vite qu'il ne l'avait prévu, simplement parce que les missions s'enchaînent sans creux. Deux seuils se présentent alors, et ils ne sont pas au même endroit.
Le premier est celui de la TVA, nettement plus bas que le plafond du régime : le vérificateur de seuils indique quand la TVA devient due, et selon quelle règle. Le second est le plafond du régime lui-même, au-delà duquel la question du statut se pose vraiment.
Le comparateur de statuts chiffre la bascule avec vos propres montants, et le simulateur montre ce qu'il reste réellement à la fin.